Literatura

Marie NDiaye - Prix Goncourt 2009  (Literatura) escrito em quarta 30 dezembro 2009 15:49

Marie NDiaye nasceu em 1967 na França, filha de uma francesa e de um senegalês, possui a nacionalidade francesa como sua mãe. É autora de uma dúzia de livros (romances, novelas, teatro).

Neste livro “Trois femmes puissantes” (três mulheres poderosas) temos três relatos ligados entre si de alguma forma. No centro de cada relato, uma mulher.

Norah, quarenta anos, chega na casa de seu pai na África. O tirano egocêntrico de outrora se tornou silencioso e bulímico. Por que ele pediu que viesse? O que Norah vai descobrir é muito mais terrível do que podia imaginar.

Fanta ensinava francês em Dakar, mas foi obrigada a seguir seu companheiro para a França. Este, no entanto, é incapaz de lhe oferecer a vida que ela merece.

Khady Demba, jovem viúva africana e sem dinheiro, tenta ir para a França para encontrar uma prima distante. Para ela será uma longa viagem de emigração durante a qual padecerá de grandes sofrimentos.

Cada uma das três mulheres luta para preservar sua dignidade contra as humilhações impostas pela vida.

 

 

"Et celui qui l’accueillit ou qui parut comme fortuitement sur le seuil de sa grande maison de béton, dans une intensité de lumière soudain si forte que son corps vêtu de clair paraissait la produire et la répandre lui-même, cet homme qui se tenait là, petit, alourdi, diffusant un éclat blanc comme une ampoule au néon, cet homme surgi au seuil de sa maison démesurée n’avait plus rien, se dit aussitôt Norah, de sa superbe, de sa stature, de sa jeunesse auparavant si mystérieusement constante qu’elle semblait impérissable."

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MARIA NDIAYE  Extrait de "Trois femmes puissantes"

 

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Daniel Pennac: a serviço da imaginação  (Literatura) escrito em segunda 20 julho 2009 03:55

 

Daniel Pennac nasceu em 1944, na cidade de Casablanca, no Marrocos, numa família de militares. Passou sua infância em vários lugares da África e na Ásia do sudeste. Quando jovem, seu aprendizado foi desastroso. Depois de estudar letras em Nice, torna-se professor e começa escrevendo histórias para crianças. Escritor generoso, pouco conhecido entre nós, ainda que existam livros seus em português, é autor de uma grande obra cheia de imaginação. O extrato que segue (“Comme un roman”) fala do objeto “livro” e da dificuldade que têm os jovens para ler.

 


"Peu d'objets éveillent, comme le livre, le sentiment d'absolue propriété. Tombés entre nos mains, les livres deviennent nos esclaves - esclaves, oui, car de matière vivante, mais esclaves que nul ne songerait à affranchir, car de feuilles mortes. Comme tels, ils subissent les pires traitements, fruits des plus folles amours ou d'affreuses fureurs. Et que je te corne les pages (oh I quelle blessure, chaque fois, cette vision de la page cornée ! «mais c'est pour savoir où j'en suiiiiiiiis !») et que je te pose ma tasse de calé sur la couverture, ces auréoles, ces reliefs de tartines, ces taches d'huile solaire... et que je te laisse un peu partout l'empreinte de mon pouce, celui qui bourre ma pipe pendant que je lis... et cette Pléiade séchant piteusement sur le radiateur après être tombée dans ton bain («ton bain, ma chérie, mais mon Swift !»)... et ces marges griffonnées de commentaires heureusement illisibles, ces paragraphes nimbés de marqueurs fluorescents...ce bouquin définitivement infirme pour être resté une semaine entière ouvert sur la tranche, cet autre prétendument protégé par une immonde couverture de plastique transparent à reflets pétroléens... ce lit disparaissant sous une banquise de livres éparpillés comme des oiseaux morts... cette pile de Folio abandonnés à la moisissure du grenier… ces malheureux livres d'enfance que plus personne ne lit, exilés dans une maison de campagne où plus personne ne va... et tous ces autres sur les quais, bradés aux revendeurs d'esclaves...

Tout, nous faisons tout subir aux livres. Mais c'est la façon dont les autres les malmènent qui seule nous chagrine...

Il n'y a pas si longtemps, j'ai vu de mes yeux vu une lectrice jeter un énorme roman par la fenêtre d'une voiture roulant à vive allure : c'était de l'avoir payé si cher, sur la foi de critiques si compétents, et d'en être tellement déçue. Le grand-père du romancier Tonino Benacquista, lui, est allé jusqu'à fumerPlaton ! Prisonnier de guerre quelque part en Albanie, un reste de tabac au fond de sa poche, un exemplaire du Cratyle(va savoir ce qu'il fichait là ?), une allumette... et crac! une nouvelle façon de dialoguer avec Socrate... par signaux de fumée. Autre effet de la même guerre, plus tragique encore : Alberto Moravia et Elsa Morante, contraints de se réfugier pendant plusieurs mois dans une cabane de berger, n'avaient pu sauver que deux livres La Bible et Les Frères Karamazov. D'où un affreux dilemme : lequel de ces deux monuments utiliser comme papier hygiénique ? Si cruel qu'il soit, un choix est un choix. La mort dans l'âme, ils choisirent."

 

DANIEL PENNAC Extrait de "Comme un roman"

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Prix Goncourt 2008 - "Syngué Sabour" de Atiq Rahimi  (Literatura) escrito em quinta 18 junho 2009 15:08

 

Num quarto, em algum lugar do Afeganistão, ou em outro lugar qualquer, uma mulher vela seu marido agonizante. Lá fora, tiros, passos precipitados, gemidos. Na solidão, uma mulher se revela a si mesma, toma consciência do seu corpo, vai pensando nas suas lembranças, nos seus sonhos abortados, no seu casamento forçado, na sua irmã vendida a um velho, na honra da família baseada na intransigência, no arbitrário e nas guerras fratricidas que não terminam nunca...


"Syngué sabour" signifie en persan « pierre de patience ». Là-bas, on raconte que jadis existait une pierre magique à laquelle on peut se confier : « La pierre t'écoute, éponge tous tes mots, tes secrets, jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate. […] Et ce jour-là, tu es délivré de toutes tes souffrances, de toutes tes peines. »


"La chambre est petite. Rectangulaire. Elle est étouffante malgré ses murs clairs, couleur cyan, et ses deux rideaux aux motifs d'oiseaux migrateurs figés dans leur élan sur un ciel jaune et bleu. Troués ça et là, ils laissent pénétrer les rayons du soleil pour finir sur les rayures éteintes d'un kilim. Au fond de la chambre, il y a un autre rideau. Vert. Sans motif aucun. Il cache une porte condamnée. Ou un débarras. La chambre est vide. Vide de tout ornement. Sauf le mur qui sépare les deux fenêtres où on a accroché un petit kandjar et, au-dessus du kandjar, une photo, celle d'un homme moustachu. Il a peut-être trente ans. Cheveux bouclés. Visage carré, tenu entre parenthèses par deux favoris, taillés avec soin. Ses yeux noirs brillent. Ils sont petits, séparés par un nez en bec d'aigle. L'homme ne rit pas, cependant il a l'air de quelqu'un qui réfrène son rire. Cela lui donne une mine étrange, celle d'un homme qui, de l'intérieur, se moque de celui qui le regarde. La photo est en noir et blanc, coloriée artisanalement avec des teintes fades"...

 

 

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Paul Eluard... Um grande poeta  (Literatura) escrito em quarta 06 maio 2009 03:43

Um dos mais belos poemas da língua francesa e, para mim, a lembrança de um dia de sol em que o li para alguém que é e será sempre especial...


Liberté


Sur mes cahiers d'écolier

Sur mon pupitre et les arbres

Sur le sable sur la neige

J'écris ton nom


Sur toutes les pages lues

Sur toutes les pages blanches

Pierre sang papier ou cendre

J'écris ton nom


Sur les images dorées

Sur les armes des guerriers

Sur la couronne des rois

J'écris ton nom


Sur la jungle et le désert

Sur les nids sur les genêts

Sur l'écho de mon enfance

J'écris ton nom


Sur les merveilles des nuits

Sur le pain blanc des journées

Sur les saisons fiancées

J'écris ton nom


Sur tous mes chiffons d'azur

Sur l'étang soleil moisi

Sur le lac lune vivante

J'écris ton nom


Sur les champs sur l'horizon

Sur les ailes des oiseaux

Et sur le moulin des ombres

J'écris ton nom


Sur chaque bouffée d'aurore

Sur la mer sur les bateaux

Sur la montagne démente

J'écris ton nom


Sur la mousse des nuages

Sur les sueurs de l'orage

Sur la pluie épaisse et fade

J'écris ton nom


Sur la vitre des surprises

Sur les lèvres attentives

Bien au-dessus du silence

J'écris ton nom


Sur mes refuges détruits

Sur mes phares écroulés

Sur les murs de mon ennui

J'écris ton nom


Sur l'absence sans désirs

Sur la solitude nue

Sur les marches de la mort

J'écris ton nom


Sur la santé revenue

Sur le risque disparu

Sur l'espoir sans souvenir

J'écris ton nom


Et par le pouvoir d'un mot

Je recommence ma vie

Je suis né pour te connaître

Pour te nommer Liberté.


 

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Leia Camus em francês  (Literatura) escrito em quarta 18 fevereiro 2009 17:24

Eu tinha quinze ou dezesseis anos. Estava empolgadíssimo com o existencialismo, com Sartre. Foi quando meu pai me apresentou a Camus. Foi então que descobri o existencialismo luminoso, aquele que abre as portas em vez de fechá-las. Sarei de Sartre e fui contaminado por Camus, felizmente. Este fragmento do discurso de Estocolmo marcou fortemente o início da minha vida de homem.

 

...

Je ne puis vivre personnellement sans mon art. Mais je n’ai jamais placé cet art au-dessus de tout. S’il m’est nécessaire au contraire, c’est qu’il ne se sépare de personne et me permet de vivre, tel que je suis, au niveau de tous. L’art n’est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d’émouvoir le plus grand nombre d’hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Il oblige donc l’artiste à ne pas s’isoler ; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle. Et celui qui, souvent, a choisi son destin d’artiste parce qu’il se sentait différent, apprend bien vite qu’il ne nourrira son art, et sa différence, qu’en avouant sa ressemblance avec tous. L’artiste se forge dans cet aller-retour perpétuel de lui aux autres, à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communauté à laquelle il ne peut s’arracher. C’est pourquoi les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s’obligent à comprendre au lieu de juger. Et, s’ils ont un parti à prendre en ce monde, ce ne peut être que celui d’une société où, selon le grand mot de Nietzsche, ne régnera plus le juge, mais le créateur, qu’il soit travailleur ou intellectuel.

Le rôle de l’écrivain, du même coup, ne se sépare pas de devoirs difficiles. Par définition, il ne peut se mettre aujourd’hui au service de ceux qui font l’histoire : il est au service de ceux qui la subissent. Ou, sinon, le voici seul et privé de son art. Toutes les armées de la tyrannie avec leurs millions d’hommes ne l’enlèveront pas à la solitude, même et surtout s’il consent à prendre leur pas. Mais le silence d’un prisonnier inconnu, abandonné aux humiliations à l’autre bout du monde, suffit à retirer l’écrivain de l’exil, chaque fois, du moins, qu’il parvient, au milieu des privilèges de la liberté, à ne pas oublier ce silence et à le faire retentir par les moyens de l’art.

Aucun de nous n’est assez grand pour une pareille vocation. Mais, dans toutes les circonstances de sa vie, obscur ou provisoirement célèbre, jeté dans les fers de la tyrannie ou libre pour un temps de s’exprimer, l’écrivain peut retrouver le sentiment d’une communauté vivante qui le justifiera, à la seule condition qu’il accepte, autant qu’il peut, les deux charges qui font la grandeur de son métier : le service de la vérité et celui de la liberté. Puisque sa vocation est de réunir le plus grand nombre d’hommes possible, elle ne peut s’accommoder du mensonge et de la servitude qui, là où ils règnent, font proliférer les solitudes. Quelles que soient nos infirmités personnelles, la noblesse de notre métier s’enracinera toujours dans deux engagements difficiles à maintenir — le refus de mentir sur ce que l’on sait et la résistance à l’oppression.

...

 

[Fragment du Discours de Suède. 10 Décembre 1957]

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